À l’aube de ses 95 ans, Hugues Aufray n’a rien d’un artiste prêt à tirer sa révérence ! Derrière la voix rauque et les refrains gravés dans le patrimoine hexagonal, il y a un homme aux racines longtemps malmenées par la vie, désormais résolu à bâtir, enfin, son propre havre et à transmettre un héritage sans nuages à ses proches. Focus sur la métamorphose d’une ferme ardéchoise en repaire secret, mais aussi sur l’odyssée d’un homme épris de liberté et d’art — et attaché autant à la terre… qu’à l’espace !
Un enfant déraciné devenu nomade pour la vie
Né en 1929, pile au milieu de la crise économique, Hugues Aufray découvre très tôt le goût de l’instabilité. Sa jeunesse est rythmée par les déménagements, le divorce de ses parents et des soucis financiers pas franchement propices à l’ancrage tranquille. Malgré une solide ascendance béarnaise, le petit Hugues se forge sans véritable port d’attache, si bien qu’il se définit plus tard comme un “déraciné”. L’envie d’ailleurs coule dans les veines familiales : ses frères s’envoleront au Canada, tandis que lui reste en France, son père s’opposant à son départ. Trop jeune, sans diplôme, il reste et construit sa destinée ici…
- Sensibilité à la perte de repères familiaux
- Désir profond de stabilité et de transmission
Racines ardéchoises : la maison de famille rêvée
C’est en Ardèche, à Orgnac-l’Aven, qu’il va enfin planter ses racines pour de bon. En 1966, dès que sa carrière le lui permet, il acquiert une ferme – la première vraie maison de famille qu’il ait connue. Ce lieu répare le passé : il s’y pose, s’y retrouve, et aujourd’hui encore, sa fille Marie y habite et orchestre sa transformation en maison d’hôtes. Un clin d’œil à tous les voyageurs curieux, amateurs du charme rustique ou nostalgiques de la France vraie : bientôt, ils pourront toucher du doigt ce rêve d’enfant longtemps repoussé.
Impossible d’évoquer Aufray sans parler de son rapport viscéral à la terre. Si l’Ardèche lui met le cœur en fête, il cultive aussi au fond de lui des attaches avec l’Alsace, la Bretagne ou le Pays Basque – rien que ça ! Son amour des paysages, des pierres et des arbres ne s’arrête pas aux frontières… terrestres.
L’héritage sans drame : une priorité pour Aufray
S’il y a un thème qui occupe le chanteur aujourd’hui, ce n’est plus la scène, mais ce qu’il transmettra. Fini le rock’n’roll, place au notariat ! Hugues Aufray avoue redouter les querelles d’héritage qu’il a vues ruiner la paix d’autres familles d’artistes. Il cite, non sans émotion, “les histoires Johnny et Delon, je ne supporte pas”. N’étant pas du genre à tourner autour du pot, il a tout anticipé : succession réglée dans les règles, pour que la note finale ne soit pas un couac familial. Preuve : après avoir vendu la maison de Marnes-la-Coquette — son refuge pendant 45 ans, partagé avec son épouse défunte et voisin de Johnny Hallyday — il en a transmis l’intégralité du montant directement à ses deux filles, Marie et Charlotte.
- Prévention des conflits de succession
- Transmission affective et matérielle vécue comme un devoir
D’un atelier à l’autre : un rêve d’enfant réalisé tardivement
Aujourd’hui, Hugues Aufray a établi ses pénates à Marly-le-Roi, près de Versailles. Là encore, rien n’est laissé au hasard. Il occupe l’ancienne demeure du célèbre sculpteur Aristide Maillol, dont il a même hérité de l’atelier – un joli clin d’œil à ses ambitions de jeunesse. Avant de faire vibrer des générations au son de “Santiano” et “Céline”, Aufray rêvait d’être sculpteur… Preuve vivante qu’on peut poursuivre ses passions à tout âge, et même changer de voie sans perdre une once d’authenticité.
Son univers ne connaît décidément pas de frontières : proche de l’astronaute Thomas Pesquet, il lui a dédié la chanson “Au-delà des frontières et des étoiles”. Et s’il fallait planter un arbre sur Mars ? “Je demanderais à Thomas de planter un cyprès, parce que c’est un arbre qui monte comme une flamme. J’aime beaucoup ça, le cyprès. Ou un olivier.” Sur Terre ou dans les étoiles, Hugues Aufray a décidément l’art de semer, partager, transmettre.
Conclusion
Que vous soyez fan de ses chansons ou simplement amateur de beaux parcours de vie, il y a dans la trajectoire de Hugues Aufray une sincérité rare : le besoin de s’ancrer après la tempête, et de protéger coûte que coûte ceux qu’il aime. Sa ferme ardéchoise en pleine mue, bientôt ouverte aux voyageurs curieux, promet d’être une halte pour âmes en quête d’histoires vraies… Comme le chanteur lui-même : solide, ouvert, et tourné vers l’avenir.

Amoureux des routes de campagne et des villages oubliés, je parcours la France à la recherche de ces lieux qui racontent une histoire. Entre deux escapades, j’aime transformer mon intérieur avec les trouvailles et inspirations glanées au fil de mes voyages. Sur Chemin des Anges, je partage mes coups de cœur et mes découvertes pour vous donner envie de partir et d’embellir votre chez-vous.






