La maison secrète de Hugues Aufray : ce que personne n’avait jamais vu
Un havre caché à Marnes-la-Coquette
La vie de château, ce fantasme d’un autre temps, Hugues Aufray l’a vécue… à sa manière. Pendant quarante-cinq ans, le chanteur a résidé dans l’un des coins les plus exclusifs d’Île-de-France : le parc privé de Marnes-la-Coquette. Ici, pas de voisins qui ramènent des tartes ou qui guettent derrière leur haie : les propriétés s’étendent à perte de vue, le mètre carré coûte une petite fortune, et le calme règne en maître. D’ailleurs, Hugues Aufray lui-même tire le rideau sur l’envers du décor : « Autour, il n’y avait que des milliardaires et des caméras vidéo ». Ambiance James Bond, minus les gadgets — et encore, il n’en profitait pas plus que ça.
De l’extérieur, tout a l’air idyllique. Entre la forêt de Fausses-Reposes et le parc de Saint-Cloud, Marnes-la-Coquette garde les airs d’un village sur carte postale :
- L’église Sainte-Eugénie
- Des volets pastel sur les grandes demeures
- Des commerces historiques remplacés par des agences immobilières de luxe
Loin de Paris la trépidante, mais loin de tout le monde aussi. C’est précisément cette paisible bulle qui avait séduit le jeune Aufray, bien avant que la mode des start-uppers, producteurs de cinéma et fortunes planquées n’en fasse leur repaire.
Nature, solitude, et chevaux : le vrai luxe
Pour lui, le luxe, le vrai, ce n’était pas l’adresse sur la boîte aux lettres : c’était les chevaux. Il avait accès à sa maison par un parc ou par une impasse, juste à côté des haras de Jardy. « En deux minutes et demie, j’étais parmi les chevaux ». Mais le bestiaire ne s’arrêtait pas là. Dans son jardin, il côtoyait les renards à qui il donnait à manger. L’hiver, des petites chèvres venaient jusque sous ses fenêtres. « J’étais comme un coq en pâte », confie-t-il. Difficile de mieux résumer ce sentiment de privilège urbain : en pleine région parisienne, il s’offrait chaque jour cette petite bouffée d’air pur. Un équilibre qui compensait, un temps, la distance ressentie vis-à-vis du reste du monde.
Vie de famille, rires et exode générationnel
Ce huis clos de verdure a vu défiler les étapes de sa vie familiale. Hugues Aufray y a partagé sa vie avec Hélène Faure, la mère de ses deux filles, Charlotte et Marie. Il a aussi vu grandir ses cinq petits-enfants dans cette maison où régnaient rires, passages incessants et repas partagés. Il affirmait d’ailleurs : « Je vivais en patriarche au milieu de ma famille ». Mais la roue tourne. Les enfants prennent leur envol, les petits-enfants s’éparpillent vers Dublin, New York ou Los Angeles. La maison, elle, reste figée, soudain trop vaste, trop silencieuse.
Face à cette réalité et devant l’évidence d’une page à tourner, il se sépare de cette « maison d’artiste » au style Art déco. Direction Marly-le-Roi, dans une demeure marquée par la mémoire du peintre Aristide Maillol. « C’est une autre existence dans une autre maison qui n’est cette fois pas la mienne », expliquera-t-il. On sent poindre une pointe de nostalgie : celui qui rêvait autrefois de tout rassembler sur un bout de terre voit aujourd’hui les liens familiaux s’étirer avec la distance.
Nouveau départ, nouvelle simplicité
Heureusement, quitter Marnes-la-Coquette marque aussi un renouveau. À Marly-le-Roi, Hugues Aufray n’est plus le chef de clan solitaire. Il mène une vie plus simple, plus ancrée, aux côtés de Murielle Megevand, sa jeune compagne. Elle incarne pour lui une fraîcheur et une légèreté nouvelles. Et, détail qui n’en est pas un : « Murielle et moi connaissons tous nos voisins », se réjouit-il à présent. Une petite phrase qui en dit long sur les décennies passées dans l’anonymat doré de son ancienne adresse.
Difficile de ne pas remarquer le contraste entre ses deux vies : d’un côté, un parc fermé et une luxueuse solitude ; de l’autre, une maison plus modeste, vivante, où l’on ne ferme pas toujours la porte à clé.
- Quarante-cinq ans à Marnes-la-Coquette « sans connaître personne »
- Désormais, une nouvelle vie, des portes entrouvertes, des sourires échangés
Il évoque d’ailleurs sans détour une certaine lucidité : vivre à l’écart du monde, ce n’est pas sans limites — peu importe la taille de la maison ou le prix du terrain.
À plus de 90 ans, Hugues Aufray n’a pas simplement changé de maison. Il a changé de page, prouvant qu’il n’est jamais trop tard pour préférer la chaleur des liens humains à l’isolement grand luxe. Avis à tous les amateurs de parcs privés et de haies hautes : parfois, il suffit d’ouvrir la porte pour que la vie retrouve de belles couleurs.

Amoureux des routes de campagne et des villages oubliés, je parcours la France à la recherche de ces lieux qui racontent une histoire. Entre deux escapades, j’aime transformer mon intérieur avec les trouvailles et inspirations glanées au fil de mes voyages. Sur Chemin des Anges, je partage mes coups de cœur et mes découvertes pour vous donner envie de partir et d’embellir votre chez-vous.






